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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 00:00


Style : Metal médiéval. 



Haggard n’est pas un groupe très disert. 4 ans depuis le précédent album, 10 depuis le deuxième... Si on a pu les croiser au détour de quelque scène, on ne croyait plus à un nouvel effort discographique. Et pourtant le voici, en cette bien morne rentrée 2008. Un petit cadeau bienvenu pour oublier la grisaille.

Un 4e album  proposant toujours ce mélange inimitable de musique renaissance –parfois baroque-, aux relents d’opéra plus classique, agrémentés de petites notes folk, le tout enrobé de guitares metal on ne peut plus modernes. Et le groupe s’est donné les moyens de ses ambitions, alignant un nombre respectable de musicien(ne)s pour jouer tout ça « en vrai ». Violons, violoncelles, flûte, piano, clarinette, etc. pas moins de 15 musiciens –sans compter les invités- donnent corps aux « opéras baroques » que nous propose régulièrement le groupe.
Les amateurs de brutalité passeront leur chemin, les arrangements « classiques » dominant largement la musique, à tel point qu’on imaginerait presque les voir signer chez Deutsch Grammophon. Propos légèrement capillotracté s'il en est, mais qui a le mérite de poser le propos : les metalleux pure souche s’ennuieront ferme à l’écoute de ce groupe.

Pas de surprise donc, ce Tales of Ithiria ne s’éloigne pas de la formule précédemment établie, une formule unique qui fonctionne parfaitement. Tout au plus notera-t-on un léger retrait des guitares, une tendance qui s’affirme d’album en album, aidée en cela par la surcompression des saturations, la plaie actuelle pour les amoureux des cordes un peu grinçantes.
Toujours cette alternance de chant clair masculin et féminin. La voix masculine rauque, plus que grognée –écho des débuts plus violents du groupe–, s’efface encore un peu plus, laissant plus de place au chant féminin lyrique, qui gagne encore en ampleur et en technique.
Bref, on est en terrain connu.

Les menus changements seront plutôt à chercher dans le concept de l’album, qui s’éloigne des thèmes historiques pour verser aujourd’hui dans l’Héroïc Fantasy pure et dure.
Avec récitatifs à la clé... Qui font irrémédiablement penser à Rhaposdy (of fire). Petite faute de goût dans un parcours jusque-là sans faute des allemands. Surtout que l’exercice se répète à l’envie, cassant l’ambiance et le rythme de l’album. Dommage, le groupe nous avait habitué à plus de subtilités.

Dans la série « incompréhension », on peut également se demander ce que vient faire ce « Hijo de la Luna », repris de Mecano, débarquant au milieu du disque sans prévenir. Le morceau en tant que tel n’est pas inintéressant (même s’il ne diffère finalement pas tant que ça de l’original nonobstant l’ajout de grosses nappes de guitare), mais reste légèrement incongru, s’intégrant mal dans la progression musicale du disque. Il aurait mieux trouvé sa place sur un EP, à la manière du Rasputin de Turisas. Passons.

Mais ne boudons pas notre plaisir, l’album reste du bon Haggard, servi par une production en béton, qui progresse elle aussi constamment d’album en album, offrant un splendide écrin à la musique fine et subtile de cet ensemble hors du commun.


Note Générale : 8 / 10
Production : 6 / 6 - Cover : 4 / 6 - Composition : 4 / 6


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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 00:00


Style : Folk metal. 


Le groupe italien Folkstone débarque en force sur la scène metal folk, décidément en pleine ébullition.
Avec ce premier album, nos amis transalpins font montre d'une ambition fort louable. La promo qui l'accompagne est assez offensive, et l'envie de faire leur trou clairement affichée.
Ont-ils les atouts nécessaires pour se distinguer ?
Quelques-uns, en effet.

Au premier rang desquels un solide pupitre d'instruments traditionnels, plusieurs cornemuses et bombardes, une harpe celtique. Des éléments qui font penser aux premiers albums d'In Extremo - on trouvera pire référence. La revendication celtique n'est pas seulement un argument marketing, comme souvent : les cornemuses sont bien présentes. Elles servent les compos, en sont même l'élément principal, offrant tout leur potentiel sur quelques instrumentaux dédiés. Les mélodies puisent évidemment leur inspiration dans le folk (celtique), mais également dans la musique renaissance et la chanson à boire. Une ambiance plutôt festive dans l'ensemble. A déconseiller aux dépressifs neurasthéniques.

Les compositions sont finement ciselées, les interventions d'instruments se succèdent intelligement, on sent un gros travail d'arrangement.
Le chant est clair, est bien présent. Très présent ; le chant en italien lui donnant une petite touche exotique pas désagréable.
Le rendu final est une musique rock-metal très empreinte de mélodies et instruments celtiques. On pensera très fort à Mago de Oz (mais alors très fort ! ). Amateurs d'extreme, passez votre chemin.

Pourtant, pourtant, il se dégage des écoutes successives de cet album un fort sentiment de gêne. Quelque chose cloche. Et pour éviter de se tromper dans un domaine où la subjectivité règne en maître, il devient nécessaire de faire appel à des oreilles extèrieures. Et là, le verdict est imparable, plusieurs
avis convergent : le mixage de cet album est raté.
Pas "un peu" raté, ce qui reste du domaine de l'appréciation très personnelle.
_vraiment_ raté, à coté de la plaque, contre-productif.
Les instruments traditionnels sont bien mis en valeur, à tel point qu'en leur présence les guitares "metal" sont quasiment absentes. On distingue une batterie, raisonnablement rapide, mais c'est tout. Ce mixage fait penser à "Die Verrückten sind in der Stadt" des allemands pré-cités, un live acoustique cornemuses-percussions.
Les guitares sont dénuées de toute agressivité, et très en retrait dans le mix. Elles remplissent l'espace, mais n'apportent rien.

Et quand survient le chant, la catastrophe s'amplifie : mixé fort, devant (aucune reverb), il occupe toute la place. Les cornemuses se font lointaines, et les guitares encore plus inexistantes. Même en variété, les instruments se voient accorder plus de place.
Problème annexe ? Et bien non. Effectivement il vaut mieux juger une musique sur sa composition que sur sa restitution, mais encore faut-il pouvoir l'entendre...
Là, on ne distingue pas grand chose des guitares, on se demande si le groupe possède même une basse...
Cela ne poserait pas de problème s'il s'agissait d'un choix artistique (comme sur le dernier Haggard par exemple), mais cela ne semble pas être le cas dans la mesure où les morceaux affirment un caractère metal certain, mais qui disparait complètement dans ce choix aberrant de mixage.

Difficile d'en dire plus en l'état, j'avoue une grande perplexité à l'écoute de cet album. On connait des productions amateures, avec moins d'ambition, et qui donnent plus d'importance à la production...
Grosse déception, donc, au vu du potentiel.
Pour l'instant, on préfera largement leurs cousins ibériques précédemment évoqués.
Et on attendra un deuxième album qui gommera ces défauts, espérons-le.

On se rattrapera en allant voir le groupe sur scène (autopromo inside : le 20 décembre à la Loco, lors du Cernunnos Pagan Fest 3), il est certain qu'avec une bonne sono, le gros spectacle sera au rendez-vous...



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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 00:00


Style : Death metal progressif.


Hollenthon est de retour, après 7 années de silence. C'est une excellente nouvelle, et ils ont l'intention de le faire savoir. Ne serait-ce que par le titre de leur album qui ne laisse aucun doute quant aux ambitions du groupe. La musique est-elle à la hauteur de cet ambitieux patronyme ?

Le groupe de Martin Schirenc s'étant créé une petite réputation avec ses deux premiers albums, cet "Opus Magnum" était attendu au tournant par les amateurs, parmi lesquels votre serviteur...

Première constatation, on retrouve à l'identique les ingrédients que l'on a aimé dans les deux précédents albums : un death metal qui n'a rien perdu de sa -raisonnable- agressivité (fait suffisamment rare au 3e album pour être souligné, certaines formations ayant tendance à s'assagir avec le temps), des arrangements que l'on qualifiera par défaut de progressifs -ou éventuellement symphoniques, les deux termes étant à la fois corrects et inadaptés-, soit des structures non linéaires, l'utilisation de choeurs et de parties orchestrales, etc. Les morceaux s'enchainent sans se ressembler, la recherche sur les structures, les ambiances est constante. L'ensemble sonne puissant et mélodique, sans abandonner une certaine forme de violence, peut-être même plus présente que sur les autres albums.

Si les choeurs puissants et les instrumentaux symphoniques sont toujours là, les influences orientales de "Domus dei" sont ici très discrètes, pour ne pas dire quasiment absentes. Un point qui aurait pu être positif si le groupe avait souhaité marquer une nouvelle évolution de sa musique, mais ce qui n'est hélas pas tout à fait le cas. En effet, l'ambiance générale se rapproche nettement de "With Vilest of Worms to Dwell...". Mêmes idées en ce qui concerne les ajouts "symphoniques"... On retrouve donc presque un clone du deuxième album.
Une volonté de marquer que ces années d'absence n'ont rien changé au groupe ? Ca y ressemble beaucoup, comme pour marquer un nouveau départ sur les bases laissées il y a 7 (longues) années.

Pas tout à fait quand même, les parties "symphoniques" paraissent plus discrètes, plus rentrées dans le mix. Et finalement nettement moins originales, plus convenues par rapport à ce que l'on a pu entendre ces dernières années en matière de metal extrême "symphonique".
Il en résulte un léger manque de surprise, que les aficionados du groupe pourront trouver décevant. N'était-ce pas justement la marque de fabrique d'Hollenthon, que de surprendre à chaque morceau ?

Bon, ceci reste de l'ordre du chipeautage, il faut bien le reconnaitre. C'est chiant les fans, non ?
Ou peut-être que cet album nécessite plus d'écoutes pour livrer toute sa richesse.
Que cela ne vous empêche pas de découvrir ce groupe (si par un hasard incompréhensible il vous aurait echappé jusqu'ici), de jeter une oreille sur cet album, qui mérite quand même largement le détour, en attendant un quatrième que l'on espère un peu plus surprenant, comme l'avaient si bien réussis les deux premiers...
 


Note Générale : 7 / 10


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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 00:00


Style : Pagan gaulois. 

Les labels ont peur.
Peur qu'on leur vole leur précieuse marchandise.
Quand certains chroniqueurs peu scrupuleux ont diffusé sur le net des disques promo avant leur sortie officielle, ce fut la goutte d'eau qui mit le feu aux poudres...
Les moyens utilisés pour contrer ces gamins à l'intelligence limitée sont de plus en plus sophistiqués. Parmi lesquels une invention géniale : découper l'album en 100 plages.
Ca rend l'écoute insupportable (scratch toutes les 30 secondes au changement de plage sur mon auto-radio) et le travail du chroniqueur impossible : revenir sur un morceau, chercher un passage pour l'analyser -le travail de base- tient du parcours du combattant.

Cette technique du surdécoupage pénalise le groupe, qui ne voit pas sa chronique publiée à temps, mais reste très positive pour le producteur : ça rend l'achat de l'album indispensable. C'est donc muni d'un album 'original', non découpé, que l'on peut s'atteler à l'écoute détaillée et répétitive de l'album de pagan/folk le plus attendu du mois de février 2008 !!!

NDLR : Heureusement, certains esprits malins ont créé un petit soft intéressant, wavglue, qui permet de (re)coller les fichiers wav d'un même répertoire, annulant ainsi cette protection aussi stupide qu'inefficace.
Fin de la digression.

Tout a été dit ou presque, sur la progression fulgurante de ce groupe suisse, sorti de nulle part en 2004 avec une première démo encourageante, remerciant sur son premier album nos parisiens d'Heol Telwen (cocorico) en 2006, et sortant leur deuxième album sur Nuclear Blast moins de 2 ans plus tard.
Un parcours exemplaire, profitant évidemment de l'attrait ample et soudain pour le metal folk, mais pas seulement...
Ce serait très réducteur de limiter le groupe à cet opportunisme pourtant répandu. Consulter leur page myspace et leurs 'amis' donne quelques indications sur leur implication dans la scène musicale suisse, et pas seulement metal. Dans la pléthorique offre Pagan/folk, Eluveitie se distingue par une énergie énorme sur scène, sur disque, et certainement dans sa volonté de réussir.

Un succès largement mérité, porté par une musique offrant un mélange bien équilibré de metal extrême et de musique celtique traditionnelle. La présence de 'vrais' instruments trad - vielle à roue, violon, flûte traversière en bois, gaïta (cornemuse galicienne)- et leur utilisation maîtrisée au sein de compositions restant largement metal, y contribue beaucoup.
Les morceaux réussissent à garder le coté entraînant des airs traditionnels, mais sans tomber dans la musique à boire et à danser parfois caricaturale de certains cousins nordiques (on peut penser à Korpiklaani). La mélancolie présente dans la plupart des airs celtiques transpire dans la musique d'Eluveitie, conservant à son metal le coté sombre qui sied finalement le mieux à son origine extrême.
Evidemment, tout ça se joue dans les nuances : une allergie à ce type de sonorité ou d'ambiance restera un frein pour apprécier la musique de nos celtes d'Helvétie, leur folk restant très présent, affirmé, assumé.

Autant dire que l'annonce de leur signature sur Nuclear Blast pour leur deuxième album a suscité une attente forte et certainement irraisonnée.
Trop sans doute.
Tout a été dit ou presque sur la relative déception engendrée par ce nouvel opus. Dont le principal défaut est finalement de ressembler au premier album, avec un soupçon de death mélo suédois en plus et sans doute un soupçon de fraîcheur en moins. Des morceaux efficaces, mais un peu moins 'catchy', lissés par une production trop compressée qui fait perdre toute dynamique. (Quelle plaie cette 'course au niveau' qui donne une apparence de gros son mais ôte tout relief à la musique).

Au final, et même avec du recul (beaucoup de recul vu le retard de votre serviteur), on ne retient pas grand chose de ce disque. Inis Mona, une excellente reprise du traditionnel 'Tri Martolod' (qui n'est _pas_ un morceau de Manau, mais bien un chant de marin traditionnel popularisé par Alan Stivell, on ne le répètera jamais assez !!), un morceau metal plus percutant aux réminiscences nordiques, un ou deux interludes acoustiques, le tour est vite fait. On aime donc cet album pour de mauvaises raisons. Non que le reste soit désagréable, loin de là, mais pas au niveau de ce que l’on peut attendre d’un tel groupe.
Et la déception est d'autant plus grande pour qui a vu Eluveitie sur scène, dégageant une énergie et une sincérité difficilement critiquables, séduisant même les allergiques aux sonorités des instruments traditionnels.
Qui aime bien châtie bien, certes. Mais sait aussi pardonner.
Et les dieux celtes savent que l’on aime Eluveitie !
On leur pardonnera donc cet album, qui ne correspond pas à l’énorme attente suscitée, génératrice de fantasmes qu’un album juste « bon » ne saurait combler.
Le cap du deuxième album, toujours difficile, est franchi sans briller par un groupe dont on attend beaucoup mieux.

 

Note Générale : 7 / 10
Production : 5 / 6 - Cover : 4 / 6 - Composition : 4 / 6


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30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 00:00


Style : Folk. 


Après deux bons albums de pagan-black classieux, le duo allemand s'offre ici une petite pause acoustique, comme pour se ressourcer. Loin des blast et gros riffs ravageurs, l'heure est à l'introspection dans le calme et la solitude. Avec une guitare acoustique comme élément principal, qui égrène ses arpèges sur des tempi lent, dans une ambiance de recueillement.
Du folk donc, mais dans la veine dark, romantique, sobre. On pense souvent à October Falls...

Comme le titre le laisse supposer, les mélodies évoquent la mélancolie, appuyées par une voix tout en retenue, posée, parfois à la limite du murmure. Et quand elle s'énerve un peu (Zwielicht, Nebel, Dunkelheit), c'est pour mieux revenir ensuite à une intimité précieuse, comme pour s'excuser de ce coup d'éclat.

Quelques touches d'accordéon, de piano, de flûte, toujours calmes et retenus, viennent souligner la tristesse du propos. Une grande cohérence musicale. Dans ce quasi-dénuement instrumental, Hel réussit à proposer quinze morceaux relativement différents, sans ennuyer, sans se départir de sa volonté de proximité et de pureté sonore. La richesse d'arrangements à laquelle nous ont habitué les Allemands est bien là, une belle réussite.

Comme d'habitude, l'ensemble est servi par une production parfaite, donnant aux instruments acoustiques toute la profondeur et le cristallin nécessaire. Les basses grondent, les cordes résonnent, toutes les nuances des voix sont présentes : l'écoute sur un bon système audio est un véritable plaisir.

Le digipack est à l'image de la musique : sobre, simple et riche à la fois. Noir, textes en gris foncés, photos et dessins gris évoquant la nature en automne, la tristesse. Classe.
Un "side-album", qui se révèle vite indispensable.

 

Note Générale : 8,5 / 10
Production : 6 / 6 - Cover : 5 / 6 - Composition : 5 / 6


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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 00:00


Style : Folk metal. 


Cette année, le metal folk est porteur. Trop peut-être, au risque de lasser ? Il va devenir de plus en plus difficile pour ces groupes de faire leur trou, les amateurs de flûtiaux dansants n'étant quand même pas majoritaires en Metalland. A voir.

En attendant, les groupes en profitent, vieux routards ou frais convertis, il en arrive de partout, Suisse, Espagne, et maintenant le Danemark. Une contrée certes scandinave, mais parfois éclipsée par ses sœurs septentrionales.

Fondé en 2005 sur les braises encore fumantes d'un projet black/pagan, Svartsot a produit deux démo avant cet album sorti récemment chez Napalm Records, quelques mois seulement après le 3 titres "Tvende Ravne". Nos vikings ne perdent pas leur temps...

De ses origines, le groupe garde quelques accointances avec des éléments de metal extrême, présents ici dans le chant grogné, grave comme on l'attend d'un viking. On pourra le trouver un peu linéaire et répétitif, malgré la courte intervention d'une deuxième voix black-aigüe, sur "Tvende Ravne", trop rare ?
L'ensemble sonne lourd, puissant, raisonnablement festif -sans excès-, notamment par des guitares assurant convenablement leur rôle de rythmique assez lourde, et finalement peu agressive. Si elles se laissent aller parfois à doubler la mélodie, elles restent malgré tout très discrètes. Pas outrageusement dansant, Svartsot n'appuie pas non plus le potentiel "épique" de son sujet (en rapport avec Odin et les légendes vikings). Pas de cliché grandiloquent à base de nappes de synthé. Malgré tout, les morceaux dégagent des ambiances assez variées.

Le coté folk des mélodies nordiques est très fortement souligné par une flûte omniprésente, et mixée très en avant. Un choix fort et pleinement assumé, justifié par la présence d'un véritable flûtiste en lieu et place du synthé (trop) souvent utilisé. L'ensemble n'est pas désagréable, oscillant entre mélodies entraînantes, parfois plus mélancoliques, avec même quelques sonorités médiévales. Hélas l'instrumentiste en question n'étant pas un virtuose, la surexposition de son instrument en début d'album engendre quelques lassitudes, par la répétitivité de son jeu. Un peu plus de variété aurait-été bienvenue, comme on l'attend d'un instrument lead.
Une fois cette impression de répétition installée, il devient difficile de s'en extraire, quand bien même la flûte se fait moins présente. Il manque un petit quelque chose, des arrangements plus diversifiés, un petit grain de folie qui enlèverait les derniers doutes. Comme a pu si bien le faire Turisas, frôlant souvent le kitch mais avec un résultat nettement plus varié et intéressant.

L'ensemble est très écoutable, mais fait l'effet d'un album enregistré rapidement, n'allant pas au bout de ses idées. Sa sortie quelques mois seulement après une démo signifierait-il une trop grande précipitation ?
Malgré ces quelques réserves, Svartsot révèle un potentiel intéressant. On attend juste un album plus varié, plus original, plus fou. Et peut-être un concert dans nos contrées, souvent plus révélateur qu'un album conçu rapidement (semble-t-il).
En tout cas, les fondations sont solides, le groupe le montre ici. Il lui reste à se lâcher !

 

Note Générale : 6,5 / 10
Production : 4 / 6 - Composition : 3 / 6


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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 00:00


Style : Doom gothic metal.


Rune Ericksen (aka "Blasphemer", guitariste de Mayhem) avait surpris lors de la sortie du premier album de son projet Ava inferi, dans un registre inattendu assez éloigné de ses premières amours.

Après avoir stagné une dizaine d'année, le projet s'est relancé lors de l'installation d'Ericksen au Portugal, et semble aujourd'hui en pleine forme comme en témoigne la sortie de "The Silouhette" moins de deux ans après "Burdens".

Ava inferi propose toujours un doom/gothique de bonne facture, personnel et original. Ne fuyez pas à l'annonce de ce style battu et rebattu, l'album ici proposé n'entretient qu'un rapport très lointain avec les groupes à succès pour adolescent(e)s apprenti-suicidaires. Point de mélodie facile, encore moins de dérive pop.
Si l'on retrouve les ingrédients de base du style, rythmes lents, chant féminin, ambiances mélancoliques, c'est au service d'une écriture musicale pas toujours simple à appréhender.

"The Silouhette" reste avant tout un album de guitariste, dévoilant ses qualités au fil des écoutes. Les nuances de jeu, de sons, d'ambiances, distillées au long de ces 9 morceaux n'ont rien de tape à l'oeil. Si Rune Ericksen ne joue pas les guitar-hero, l'écriture de ses morceaux tourne quand même autour de son instrument, largement mis en avant. Son jeu, lent, minimaliste, ne s'adresse pas aux amateurs de vitesse, de puissance, on est bien dans un doom retenu, posé. Loin de toute facilité, de toute esbrouffe.

Deuxième pilier essentiel d'Ava Inferi, la voix de Carmen Simoes, lumineuse, sorte de contrepoint aux guitares lourdes et pesantes. Tantôt aigüe -presque lyrique-, parfois plus introspective, elle sait aussi s'effacer aux profit de passages instrumentaux. Le chant est bien maitrisé, s'offrant même un passage a Cappela histoire de mettre tout le monde d'accord.

Des influences doom, Ava Inferi garde également une rythmique lente, pesante, qui n'empêche pas un jeu de batterie varié et intéressant. S'y rajoutent quelques notes de piano, petite touche triste bienvenue.

"The Silouhette" s'adresse donc aux amateurs exigeants, qui ne recherchent pas la violence, la rapidité, ni des mélodies faciles et catchy. Ces restrictions posées, les quelques lecteurs qui se seront reconnu dans ce profil trouveront là un bel album, à la durée de vie supèrieur à la moyenne des gotheries à chanteuse habituelles.

 

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20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 00:00


Style : Folk metal. 

Encore un nouveau venu sur la scène metal folk, de plus en plus encombrée. Effet de mode ou barrières qui s'estompent, le folk gagnant sa respectabilité après des décennies de ringardise souvent auto-entretenue ? Restons optimiste en ces temps troublés, et penchons pour la deuxième solution ...

Voici donc Northland, nouveau venu sur la scène espagnole. On le sait, les ibères sont rudes mais entretiennent une forte attirance pour la musique celtique. Gwendal y a toujours rempli des stades, réunissant péniblement 200 personnes à Paris et ne trouvant aucun concert en Bretagne ...

Northand se définit donc comme du celtic death metal. En l'occurrence, l'imagerie et l'inspiration lorgnent plus vers les contrées scandinaves qu'irlandaises. Dont acte.
Tout fraîche sortie, voici Freezing Sadness, première démo du groupe, constituée de morceaux issus de précédents projets du leader du groupe, ré-enregistrés avec ce nouveau line-up.

Le death en question se fait assez léger, choix parfaitement assumé par Pau, chanteur-guitariste-leader du projet... Le coté death est présent dans le chant (et encore), mais la rythmique (guitare comme batterie) se fait assez discrète. Choix de mixage et compression mp3 aidant, le coté mélodique ressort nettement. Mélodies typées folk, mais conservant le coté froid qui sied bien au thème, par l'utilisation abaondante des claviers (parfois un peu cheap) alternant nappes, mélodies « lead » et contre-chants.
Le groupe joue sur les ambiances, n'hésitant pas à utiliser quelques bruitages (Where the Heroes Die..), entrecoupant ses morceaux de petits breaks à la guitare acoustique. S'y rajoutent quelques chœurs par-ci, quelques mélodies de flûte (synthétique) pa-là... Passages obligés du style, plutôt bien utilisés sur ce Freezing madness. Du cliché intelligemment mené, pour résumer.

La production est bonne : le manque de moyen se sent parfois, mais ne choque pas, laissant présager de ce que donnera le groupe avec un peu plus de budget et de temps.

Rien de révolutionnaire donc, mais une démo très correcte, bien réalisée et qui atteint son but : montrer que le groupe a un certain potentiel, et donnant envie d'entendre la suite.
Qui devrait se traduire par une nouvelle démo constituée de morceaux plus fraichement composés, et prévue pour le printemps 2008.
A suivre…

 

Note Générale : 7 / 10
Production : 3 / 6 - Cover : 4 / 6 - Composition : 4 / 6


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10 novembre 2007 6 10 /11 /novembre /2007 00:00


Style : Folklore medieval. 

Nos cousins germains semblent apprécier le folk, qu’il soit teinté ou non de grosses guitares saturées. "Encore" serait-on tenté de s’écrier à la lecture de la présentation du projet. Encore un album de folk allemand, encore un clone de Corvus Corax ou d’In Extremo. Et bien non, pas "encore", ce Carved in Stone n’ayant rien à voir avec ce que l’on entend si fréquemment dans ces pages.

Purement acoustique, on ne trouvera ici aucune traces des instruments de prédilection des groupes sus-cités (harpe celtique, cornemuse allemande). Guitare acoustique, flûte, percussion seront les seuls supports sur lesquels s’appuiera la voix de Swawa, chanteuse et multi-instrumentiste à l’origine de ce one-woman-project.
Egalement membre du groupe de viking metal Taunusheim, la dame n'est pourtant pas complètement étrangère à la musique ici célébrée.
Et cela se ressent dans les atmosphères fortement empreintes de mélancolie que dégagent les 10 titres de ce deuxième album. Une atmosphère qui trouve donc sa particularité, quand le folk tend naturellement vers des ambiances plus festives. Rien que pour ça, on lui en sait gré.

Les textes alternent allemand et anglais, les rythmes varient des pures ballades en titre plus "enlevé", mais sans jamais devenir dansant, répétons le. Une diversité d'ambiance bienvenue, vu la formule minimale qui pourrait vite devenir répétitive et lassante, mais qui évite ce travers par un renouvellement d'inspiration bienvenu.
Le chant semble plus posé que sur le précédent album, plus mur, et à la fois plus expressif. Convaincant !

Un seul point noir, la production cache mal sa condition home-studienne, notamment par le son assez... particulier des guitares dites acoustiques, qui ressemblent plus à une stratocaster en son clair. Un défaut qui peut devenir assez rapidement horripilant pour qui apprécie la guitare folk, qui tient ici la place principale...
Mais c'est bien la seule critique que l'on peut adresser à ce disque sincère et agréable. Que ceux que la qualité du son ne dérange pas n'hésite pas à tester ce "Tales of Glory & Tragedy", il le mérite bien.

 

Note Générale : 7 / 10
Production : 2 / 6 - Composition : 4 / 6


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1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 00:00


Style : Folk metal. 


Nos cousins germains sont décidément très friands de musique folk, et de toutes les nuances qui peuvent en découler. Saltatio Mortis présente ici son 7e album de 'rock médiéval'. Un rock tirant plus vers le metal, d'où sa présence au catalogue de Napalm Records. On pourrait discourir à l’infini sur les nuances, on résumera en affirmant que cet album rappelle plus In Extremo que Corvus Corax.

D’In Extremo (époque « Verherht und Angespennt »), on retrouve les cornemuses germaniques, au son doux si caractéristique. Comparaison inévitablement appuyée par le chant en allemand, mis en valeur par un mixage très en avant. Un chant clair, moins crié qu’In Extremo, qui exprime malgré tout une certaine hargne par une voix bien typée rock. Pas de faute de goût à ce niveau là.
Les mélodies n’offrent rien de transcendant, mais finissent par s’imposer au fil des écoutes. Comme des rengaines folk difficiles à distinguer les unes des autres, mais qu’on retrouve à chaque fois avec plaisir. De leur origine folk on retrouve le coté entraînant, limite dansant. Allergiques s'abstenir.
Quelques surprises viennent relever la mixture, petits passages instrumentaux acoustiques ou encore cette chanson traditionnelle où l’on distingue un texte français sous un accent aussi teuton que pittoresque (une idée que le groupe avait d'ailleurs déjà mise en pratique avec son "Dessous le pont de Nantes").
Anecdotiques, mais façonnant le caractère folk/médiéval de l’album…

Les grosses guitares tirent donc ce folk médiéval vers le metal. Un metal très soft quand même, qui risque de décevoir les amateurs d’ambiances plus violentes : les rythmiques sont plutôt orientés mid-tempo, et les nappes et riffs de guitares, bien lourds malgré tout - indubitablement metalliques -, restent trop sages. Finalement, l’appellation rock médiéval n’était peut-être pas complètement usurpée. Un rock-metal folk, on va dire…

L’album est loin d’être inintéressant, notamment pour les amateurs nostalgiques des anciens In Extremo. Dans ce registre, ce « Aus der Asche » se défend plutôt bien. Agréable sans être indispensable.
A réserver aux amateurs du genre, pour la différence bienvenue avec l’école « scandinave » ou « celtique » du folk-metal…

 

Note Générale : 6,5 / 10
Production : 4 / 6 - Composition : 4 / 6


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