Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 13:57

Posté le 29/09/2010 par juli

La publication française de la série Aliens a connu quelques soubresauts cahotiques. Pourtant issue de l'honorable éditeur indépendant Dark Horse, elle patit sans doute de l'image souvent négative des adaptations BD d'oeuvres cinématographiques, réputation qu'il serait bon de nuancer au vu des réelles réussites du genre.

Au premier rang desquels se hissent naturellement Aliens et Star Wars ; rappelons-nous les bouses immondes subies ces dernières années sur grand écran (Alien vs Predator : interdits aux plus de

12 ans, ou les ratages complets de son altesse sénilissime George Lucas), et affirmons haut et fort : OUI, les comics issus des collections Dark Horse nous offrent des qualités depuis longtemps absentes des produits formatés pour ados américains pré-pubères vomis par les studios hollywoodiens. L'audace et l'imagination ont quitté les salles obscures pour se réfugier dans les pages de ces comics que l'on croit réservés aux gamins, et qui réservent pourtant des petites perles que certain éditeurs passionnés tentent de nous faire partager dans la belle langue de Molière.

 


Si le volume que nous tenons entre les mains aujourd'hui porte fièrement le numéro 1, notons qu'il s'agit là d'un pur effet marketing. Démarrée en VO depuis des années, bien avant la naissance de certains d'entre vous, Aliens en VF a connu les honneurs de plusieurs éditeurs, parmi lesquels Dark Horse France, Zenda, Toth, ou encore le petit label Wetta. Des premiers on retiendra quelques volumes taille "BD", à la couverture souple et au nombre réduit de pages, un format batard entre comics et franco-belge qui n'a pas trouvé son public. Du dernier, quelques volumes de taille plus petite -assumant son origine américaine - au prix de vente plus raisonnable et qui méritent le détour (on y reviendra peut-être).

 


Nouveau départ, nouvelle tentative de publication sous l'égide de l'éditeur Soleil, bénéficiant avec bonheur des expériences difficiles de ses ainés et proposant à son tour un format différent : des volumes épais présentant des histoires complètes, à la taille originale des comics et protégés par une solide couverture cartonnée façon "BD franco-belge". Du sérieux qui a fait ses preuves chez la concurrence...

C'est à John Arcudi (BPRD, le spin-off d'Hellboy) qu'échoit l'honneur d'inaugurer cette renaissance hexagonale. Son  histoire se place dans la longue chronologie de la série (par une petite allusion à l'invasion passée de la terre par les Aliens - fantasme de cinéphile qui ne verra sans doute jamais le jour sur grand écran), mais peut se lire de façon parfaitement autonome.
Comme souvent, nous avons affaire à une confrontation entre un groupe d'humains et nos monstrueux xénomorphes sur une nouvelle planète apportant son lot de surprises.
Etonnant, non ?
Si le concept "Aliens" supporte mieux que d'autres les variations, le thème ne peut pas se renouveler totalement non plus - le caractère légèrement monomaniaque des principaux protagonistes contraint quelque peu les possibilités narratives.
C'est dans les petites nuance

s et l'ambiance spécifique à chaque épisode que l'on puisera son intérêt et son plaisir. Un peu comme au cinéma : tout ayant été dit dans les deux premiers films, c'est finalement la personnalité de l'auteur qui donne son intérêt aux suites, plus que l'histoire elle-même.

Ici, les méchantes bêtes n'apparaissent finalement qu'assez peu, le personnage principal se heurtant à d'autres ennemis plus sournois. Son parcours se voit entaché de quelques péripéties surprenantes, qui renouvellent régulièrement l'intérêt. Une écriture maline, dans la mesure où le propos n'est pas le même qu'au cinéma : on n'est pas là pour sursauter, c'est plus une ambiance (éventuellement oppressante) qu'on recherche. Et s'il est souvent difficile de l'obtenir en BD, le contrat est convenablement rempli ici. L'ensemble est servi par un dessin de bonne facture, raisonnablement moderne dans son découpage, tout en main

tenant une lecture fluide. Rien à dire, c'est agréable, parfois surprenant sans choquer, à l'image du scénario...

Retrouver cet univers est toujours un plaisir, en attendant le nouveau film de Ridley Scott himself. On ne boudera pas son plaisir devant ce volume cohérent et intéressant, qui inaugure très correctement la renaissance de la licence.
Et qu'on espère suivi de quelques autres dans la même veine si le succès est au rendez-vous.


Partager cet article

Repost 0

commentaires