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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 00:00


Style : Pagan gaulois. 

Les labels ont peur.
Peur qu'on leur vole leur précieuse marchandise.
Quand certains chroniqueurs peu scrupuleux ont diffusé sur le net des disques promo avant leur sortie officielle, ce fut la goutte d'eau qui mit le feu aux poudres...
Les moyens utilisés pour contrer ces gamins à l'intelligence limitée sont de plus en plus sophistiqués. Parmi lesquels une invention géniale : découper l'album en 100 plages.
Ca rend l'écoute insupportable (scratch toutes les 30 secondes au changement de plage sur mon auto-radio) et le travail du chroniqueur impossible : revenir sur un morceau, chercher un passage pour l'analyser -le travail de base- tient du parcours du combattant.

Cette technique du surdécoupage pénalise le groupe, qui ne voit pas sa chronique publiée à temps, mais reste très positive pour le producteur : ça rend l'achat de l'album indispensable. C'est donc muni d'un album 'original', non découpé, que l'on peut s'atteler à l'écoute détaillée et répétitive de l'album de pagan/folk le plus attendu du mois de février 2008 !!!

NDLR : Heureusement, certains esprits malins ont créé un petit soft intéressant, wavglue, qui permet de (re)coller les fichiers wav d'un même répertoire, annulant ainsi cette protection aussi stupide qu'inefficace.
Fin de la digression.

Tout a été dit ou presque, sur la progression fulgurante de ce groupe suisse, sorti de nulle part en 2004 avec une première démo encourageante, remerciant sur son premier album nos parisiens d'Heol Telwen (cocorico) en 2006, et sortant leur deuxième album sur Nuclear Blast moins de 2 ans plus tard.
Un parcours exemplaire, profitant évidemment de l'attrait ample et soudain pour le metal folk, mais pas seulement...
Ce serait très réducteur de limiter le groupe à cet opportunisme pourtant répandu. Consulter leur page myspace et leurs 'amis' donne quelques indications sur leur implication dans la scène musicale suisse, et pas seulement metal. Dans la pléthorique offre Pagan/folk, Eluveitie se distingue par une énergie énorme sur scène, sur disque, et certainement dans sa volonté de réussir.

Un succès largement mérité, porté par une musique offrant un mélange bien équilibré de metal extrême et de musique celtique traditionnelle. La présence de 'vrais' instruments trad - vielle à roue, violon, flûte traversière en bois, gaïta (cornemuse galicienne)- et leur utilisation maîtrisée au sein de compositions restant largement metal, y contribue beaucoup.
Les morceaux réussissent à garder le coté entraînant des airs traditionnels, mais sans tomber dans la musique à boire et à danser parfois caricaturale de certains cousins nordiques (on peut penser à Korpiklaani). La mélancolie présente dans la plupart des airs celtiques transpire dans la musique d'Eluveitie, conservant à son metal le coté sombre qui sied finalement le mieux à son origine extrême.
Evidemment, tout ça se joue dans les nuances : une allergie à ce type de sonorité ou d'ambiance restera un frein pour apprécier la musique de nos celtes d'Helvétie, leur folk restant très présent, affirmé, assumé.

Autant dire que l'annonce de leur signature sur Nuclear Blast pour leur deuxième album a suscité une attente forte et certainement irraisonnée.
Trop sans doute.
Tout a été dit ou presque sur la relative déception engendrée par ce nouvel opus. Dont le principal défaut est finalement de ressembler au premier album, avec un soupçon de death mélo suédois en plus et sans doute un soupçon de fraîcheur en moins. Des morceaux efficaces, mais un peu moins 'catchy', lissés par une production trop compressée qui fait perdre toute dynamique. (Quelle plaie cette 'course au niveau' qui donne une apparence de gros son mais ôte tout relief à la musique).

Au final, et même avec du recul (beaucoup de recul vu le retard de votre serviteur), on ne retient pas grand chose de ce disque. Inis Mona, une excellente reprise du traditionnel 'Tri Martolod' (qui n'est _pas_ un morceau de Manau, mais bien un chant de marin traditionnel popularisé par Alan Stivell, on ne le répètera jamais assez !!), un morceau metal plus percutant aux réminiscences nordiques, un ou deux interludes acoustiques, le tour est vite fait. On aime donc cet album pour de mauvaises raisons. Non que le reste soit désagréable, loin de là, mais pas au niveau de ce que l’on peut attendre d’un tel groupe.
Et la déception est d'autant plus grande pour qui a vu Eluveitie sur scène, dégageant une énergie et une sincérité difficilement critiquables, séduisant même les allergiques aux sonorités des instruments traditionnels.
Qui aime bien châtie bien, certes. Mais sait aussi pardonner.
Et les dieux celtes savent que l’on aime Eluveitie !
On leur pardonnera donc cet album, qui ne correspond pas à l’énorme attente suscitée, génératrice de fantasmes qu’un album juste « bon » ne saurait combler.
Le cap du deuxième album, toujours difficile, est franchi sans briller par un groupe dont on attend beaucoup mieux.

 

Note Générale : 7 / 10
Production : 5 / 6 - Cover : 4 / 6 - Composition : 4 / 6


Site officiel du groupe
Page Myspace du groupe
Article sur wikipedia 

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