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7 décembre 2005 3 07 /12 /décembre /2005 19:34
aliens stalker wraith cover1Les comics tirés de films n´ont pas toujours bonne presse, car la qualité est rarement au rendez-vous. C´est donc avec un peu d´appréhension que l´on se penche sur cette série Dark Horse, tant le sujet est risqué.

L´éditeur français Wetta, nous propose un "split-book" : une couverture de chaque coté, une histoire de chaque coté, il suffit de retourner le livre pour lire un nouvel épisode.
Deux "one-shot" de 24 pages chacun sont présentés ici. Ces deux "hive" (les ruches des aliens) très différents et qui se complètent bien. Sans copier les films, ces histoires nous proposent une autre vision des Aliens, tout en restant cohérent avec ce que l´on connaît d´eux.
Et le pari est réussi !

Stalker - hive 6 : David Wenzel est l´auteur complet de cette histoire, scénario et dessin. Il propose ici une histoire située à l´époque lointaine des vikings. Ou comment une horde de terribles guerriers, tiraillée de dissensions internes, va se retrouver confronté à "l´errant", qui pourrait bien leur donner du fil à retordre.


L´histoire est bien développée, les personnages bien caractérisés. Le dessin, tout en pastel, accentue le coté légendaire de ces aventures. Il est fidèle au style habituel de David Wenzel, déjà connu pour ses travaux "mythologiques" (adaptation de Bilbo le Hobbit, Bafflerog le sorcier).
Du tout bon.

Wraith - hive 7 :
Cette fois-ci, l´histoire tourne autour d´un groupe d´adolescents, sur une petite planète retirée. Un nouvel arrivé les provoque un peu, avec ses grands airs... Pas question de se laisser intimider, nos ados lui parlent de la grotte mystérieuse qui habrite un monstre ayant déjà avalé plusieurs de leurs amis.
 Le "gars de la ville" ne va pas se laisser impressionné par les contes de bonne-femme, et décide d´aller visiter la fameuse grotte. Mauvaise idée...

 Là encore, le scénario de Jay Stephens réussit en peu de pages à développer une histoire, des caractères, et à ménager une petite surprise finale du meilleur alois. Quand aux dessins, rien à dire, le style de Risso en "aplat" de couleurs décrit très bien l´ambiance chaleureuse de la bande de copains. La fin n´en n´est que plus cruelle.

Excellente surprise que cette publication. Le prix un peu élevé pourra en rebuter certains, mais les auteurs et la qualité sont au rendez-vous. Espérons que cette série saura trouver son public, car Wetta projette déjà la publication de deux TPB Aliens en 2006. Stronghold et Labyrinth (100 pages chacun).
On les attend avec impatience.

14/20
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20 novembre 2005 7 20 /11 /novembre /2005 18:59
sam et twitch squelettes cover1Semic ayant publié l´intégrale de la série Sam & Twitch, c´est Delcourt qui nous propose maintenant la série dérivée : les enquêtes de Sam & Twitch (Sam & Twitch : Case Files en VO).
Les 6 premiers épisodes français sont parus dans les pages du magazine Spawn, et c´est donc la suite que nous découvrons ici (les épisodes 7 à 13).

Un ancien camarade d´école de Sam lui demande protection lorsque son ami se fait assassiner. Contre leur gré, nos deux flics vont être amené à enquêter sur une série de meurtres qui semblent liés aux agissements d´un homme de main d´un sénateur.

Le passé pas toujours glorieux de Sam refait surface, et les deux compères se trouvent rapidement mêlés à de sombres machinations politiques.

Pas d´éléments fantastiques dans ce recueil, juste le quotidien sordide que nous connaissons bien.
Du réalisme donc, servi par le scénario très bien ficelé de Marc Andreyko. Co-auteur de Torso avec Bendis, il développe ici son style propre, loin des lenteurs auxquelles nous a habitué l´auteur des premiers Sam & Twitch.

L´histoire progresse sans temps morts, sans faux-rebondissements, et sans coup de théâtre final. Une ambiance différente de la série originale, mais tout aussi agréable.

Nous avons sous les yeux un vrai polar américain, dans la veine d´un Ellroy ou d´un Michael Connelly... Et c´est bon. Cet aspect "roman noir" est renforcé par le dessin sec et anguleux de Paul Lee, que l´on peut voir actuellement (en VO) dans la mini-série "Conan and the demons of Khitai".
Ici, il n´est pas colorisé, ce qui permet d´apprécier son trait en direct. Et là encore, rien à redire, le style s´accorde parfaitement à l´histoire.

En supplément à ce premier "story arc", nous avons une histoire courte de Todd MacFarlane assisté de Steve Niles, et toujours Paul Lee au dessin. En 24 pages, nous découvrons un autre aspect du passé de Sam, et c´est encore un sans faute.

Delcourt présente cette histoire dans un volume à couverture souple (à rabats, comme cela est de rigueur désormais dans l´édition française de comics). Le papier utilisé est mat, assez épais. Une présentation qui colle particulièrement bien avec l´ambiance que dégage la série. Le numéro 19 est paru récemment en VO, il y a donc bon espoir de voir un jour un T2 par chez nous (prévu pour 2006, sans date précise). Puis tant qu´à faire, M. Delcourt, on aimerait bien voir les 6 premiers épisodes dans un beau volume comme celui-ci, dans son format original...

15/20

http://www.xbee.net/index.php?module=xbee&func=archive&act=showrec&rid=3112
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3 août 2005 3 03 /08 /août /2005 18:44
les lions dalrassan cover1La péninsule d´Espéragne est divisée. Au sud, les cités-royaumes asharites tentent de faire revivre la splendeur passée du royaume d´Al-Rassan, avant l´assassinat du dernier khalife.

Au nord, les trois héritiers de Sancho le gros se partagent les restes de l´ancien royaume jaddite d´Espéragne, en se haïssant cordialement.

Au milieu survit le peuple kindath, éternels errants méprisés de tous. Mais ce fragile équilibre pourrait être bouleversé par les complots des rois asharites. Surtout si viennent s´en mêler leurs cruels frères du sud, sauvages guerriers du désert, et que les grands prêtres de Jad, dans le nord n´attendent que ce prétexte pour lancer la grande guerre sainte de reconquête de la péninsule.

Au centre de ces tensions va se nouer une improbable amitié entre Jehanne le médecin kindath, Ammar Ibn Khairan le poète assassin asharite et Rodrigo Belmonte, le capitaine jaddite du Nord.



Roman de fantasy fortement emprunt d´éléments historiques, "Les lions d´Al-Rassan" propose un univers original et très agréable. Mais sa structure est légèrement déroutante.
Guy Gavriel Kay tisse son intrigue très lentement. Il introduit d´abord ses personnages principaux et secondaires dans leur environnement. Il donne vie à son monde avec un grand luxe de détails, au risque de perdre le lecteur impatient. Puis met en place de petites intrigues liant les personnages entre eux.
Et enfin, assez tardivement, apparaît le motif général qui donne son sens à l´histoire, quand d´autres auteurs auraient déjà terminé leur livre...
Et cette trame est assez vite expédiée. Pas de quête initiatique ou de grande fresque historique. C´est bien les relations entre les personnages qui importent ici. Des personnages que tout opposent et qui s´accordent pourtant, sur fond de multiples complots politiques.
L´auteur dénonce au passage les abus du pouvoir absolu et l´obscurantisme religieux qui pousse les peuples les uns contre les autres, mais d´une manière suffisamment sobre pour ne pas transformer son livre en pensum politique facile. Un message historique bien sûr, mais qui résonne de manière particulière dans le contexte actuel...

13/20
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25 mai 2005 3 25 /05 /mai /2005 18:30
« Nous sommes la compagnie noire, dernière compagnie franche de Kathovar. Depuis des siècles, nous nous vendons au plus offrant. Certains nous voit comme des meurtriers, des violeurs, des traîtres. Mais pour nous la compagnie est une famille. La seule. Avec son code d´honneur. Mon nom est Toubib, et c´est moi qui tient les annales de la compagnie, comme d´autres l´ont fait avant moi, et le feront après.

la compagnie noire cover1Là, on vient de sortir d´une sale affaire. Pour s´échapper, on a du accepter la première offre qui se présentait. Un certain Volesprit nous a engagé. On a appris plus tard qu´il était un « asservi », un puissant sorcier au service de La Dame. On aurait du se méfier.
La Dame.
Revenue de son tombeau pour établir à nouveau son règne de ténèbres. On va devoir jouer serré pour s´en sortir, ce coup-là. Mais nous honorons toujours notre contrat. Et notre contrat, c´est d´écraser les armées rebelles qui s´opposent au pouvoir grandissant de La Dame. Par la ruse la plupart du temps, et par l´épée si on ne peut faire autrement.
Car au combat, nous sommes les meilleurs.
Nous sommes la compagnie noire. »


Enfin un bouquin qui m´a redonné envie de lire de l´Héroïc-Fantasy. Quoique le terme "heroïc" soit peu approprié. Pas d´elfes ou de nains, pas de quête initiatique, pas de monde enchanté. Ici, on voyage dans la boue, on se bat pour de l´argent, on meurt sans façon. L´ambiance ressemble plus à "La chair et le sang" (film de Verhoeven avec Rutger Hauer) qu´à "Willow"...

La narration particulière joue beaucoup dans l´ambiance qui se dégage de ce livre. Utilisant la première personne, elle se présente comme le journal de bord du médecin de la compagnie.
Et celui-ci écrit quand il a le temps. Certaines grosses batailles se déroulent donc hors champ. Certains voyages de plusieurs mois sont esquissés en quelques lignes.
Par contre, il s´attardera plus sur des moments plus calmes, notamment la mise en place d´un siège ou d´une « arnaque ». Ce choix d´écriture favorise un rythme soutenu, mais également l´attachement à des personnages qui n´ont pourtant rien de héros auxquels s´identifier.
Une excellente idée.

Le style d´écriture est à l´image du narrateur, simple, direct, percutant. Pas de grandes envolées lyriques. Sombre, on a dit ! Le début du livre est assez déroutant, et il faut accepter de se laisser porter quelques chapitres pour entrer dans l´ambiance. Mais ensuite, difficile de décrocher. Pour l´instant, « les annales de la compagnie noire » se compose de 3 cycles de 3 tomes. Tous parus aux éditions l´Atalante. Pour les bourses modestes et les lecteurs moins pressés, deux tomes sont sortis chez J´ai Lu SF.

17/20
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