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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 13:58

L'adaptation en BD d'oeuvres cinématographiques a débuté sous de mauvais hospices. Considéré longtemps comme un sous-produit, la tâche était souvent baclée, et ne présentait qu'un intérêt limité, à la fidélité douteuse quand il ne s'agissait pas uniquement de reprendre le scénario du film de manière simpliste et grossière.
Et puis est arrivé Dark Horse, acquérant certaines licences très médiatiques (Star Wars, AlienS), construisant patiemment une respectabilité en réhabilitant le genre,
par l'intervention d'auteurs intéressants -en devenir ou parfois plus médiatiques-, en travaillant sur la cohérence et le respect de l'histoire d'origine, en proposant des produits sérieux, aboutis, travaillés.

C'est dans cette lignée que le studio Boom! a produit ce "28 jours plus tard", disponible ce mois-ci sur les étals de nos épiceries. Reprenant le personnage de Séléna, la série se pose en suite directe du film de Danny Boyle, et prévoit de narrer les quelques mois qui suivent, en lien avec l'opus suivant.

Séléna, réfugiée dans un camp de survivants en Norvège, se voit proposer par une équipe de journalistes de retourner à Londres, pour une enquête destinée à révéler au public international la situation réelle de l'épidémie, alors que les autorités internationales semblent vouloir étouffer l'affaire.
Qu'on ne s'y trompe pas, si le prétexte parait politique, ce volume ne prend pas du tout la direction d'une dénonciation du rôle des institutions dans une catastrophe sanitaire. Il ne s'agit (pour l'instant ?) que d'un point de départ pour expliquer le retour en zone contaminée.

L'écueil principal dans ce type d'adaptation réside évidemment dans l'impossibilité de retranscrire la tension vécue à l'écran. Pas de musique, pas de mouvement, on perd la quasi totalité des moyens de créer le suspense. Sans parler du déroulement même des événements : une fois les codes établis dans le film, difficile d'innover quand à l'apparition des infectés, de leur impact sur l'équipe, etc.

On appréciera d'autant plus l'histoire de Michael Alan Nelson, qui pose rapidement ses bases sans forcément beaucoup d'originalité -on est en terrain balisé-, pour mieux les chambouler un peu plus tard. Ayant bien compris les limitations du style, il développe les relations entre les personnages, créé des tensions, les résoud brutalement pour recréer des situations différentes. Plus que les infectés eux-même -qui ne font pas peur-, il axe son travail sur les conséquences sur le groupe, et l'évolution rapide des événements.
Et recréé donc une forme de suspense plus spécifique au média utilisé.

 

Un système parfaitement rodé dans la série "Walking Dead", désormais la référence dans le domaine (et dont la première scène ressemble étrangement  au film de Dany Boyle).

 

Hélas, ce travail d'exposition intelligemment mené s'interrompt beaucoup trop vite. Le seul défaut de ce premier volume qu'on n'attendait pas : il est trop court !!!
Vite M.Delcourt, on veut la suite !!!


Editeur (France) : Editions Delcourt
Editeur (US) : Boom ! Studios

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