Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 17:45


avatarL'Heroïc-Fantasy et le cinéma vivent une histoire d'amour compliquée ; on se cherche beaucoup, on se croise parfois, on se boude longtemps. Avec de nombreux rendez-vous ratés, et parfois quelques belles rencontres.

Parmi les réussites du genre, le "Conan le barbare" de John Milius brille depuis longtemps dans le cœur des amateurs (je vous parle d'un temps que les moins de trente ans...). C'est dire combien les chefs d' œuvres se font rares... Hollywood ne s'y trompe pas, qui tente depuis deux décennies de relancer la franchise, sans succès. On imagine sans peine des producteurs -las d'attendre - se tourner vers cet autre personnage de Robert E. Howard, certes moins connu, mais au potentiel téstostéronement visuel tout aussi important !

Précédé d'une réputation mitigée, d'un statut "petit budget" qui rappelle plus "D&D" que "Le Seigneur des Anneaux", c'est avec une certaine circonspection qu'on entre dans la salle...

Petit budget certes, mais bien employé. Dès les premières scènes on apprécie les images de synthèse très correctes, les décors et costumes superbes, une photo très stylée. Le contraste avec les précédents ratages du genre est flagrant, l'ensemble est traité avec beaucoup de sérieux.

Sérieux, c'est d'ailleurs le qualificatif qui s'applique le mieux à ce film.

 

sal.jpg
Sérieux dans le traitement de l'histoire : dans l'Angleterre du 17e siècle, les démons courent la campagne (ou plutôt les salles du trône), le diable étend son emprise, le danger est partout. Premier degré de rigueur, on ne badine pas avec le malin. Le sang gicle, les coups font mal, les morts s'accumulent, le héros souffre... L'avertissement "- de 12 ans" n'est pas usurpé. Et rien que pour ça on pardonnera beaucoup.
Bon, évidemment, il ne faut pas s'attendre à une grande originalité non plus, l'histoire est vue et revue...

La réalisation est très honnête. Michael J. Basset, réalisateur de films d'horreur, était sans doute la personne idéale pour traiter correctement un tel sujet.
La violence, omniprésente, réussit à rester très suggestive sans tomber dans la complaisance putassière. Des combats assez propres, évitant _en partie_  le surdécoupage tellement à la mode, qui prétend cacher le manque d'imagination sous une bouillie visuelle incompréhensible.
On échappe également aux petites blagues destinées à détendre l'atmosphère, le gros écueil sur lequel les meilleurs se sont échoués (n'est-ce pas M. Jackson ?) ; l'ambiance est tendue d'un bout à l'autre.
Alors certes M. Basset se prend très au sérieux, n'évitant pas certains effets un peu grandiloquents à grands coups de ralentis sous la pluie, mais un minimum d'emphase est nécessaire dans ce genre de sujet, on parle quand même de l'affrontement du bien et du mal dans leur plus directe acception (la scène du village ne laisse aucun doute quand à la nature du héros).
Les cyniques passeront leur chemin sous peine de trouver tout cela un peu ridicule.

 

sal1
James Purefoy (L'excellent Marc-Antoine de la série "Rome", produite par... John Milius, le monde est petit...) campe un Solomon Kane sérieux, très sombre. Très classe dans son costume en cuir avec chapeau à large bord, ses deux sabres et de deux pistolets, un faux air d'Hugh Jackman ne se prenant pas (encore) pour une star.
Un peu monolithique, certes... Partagé entre son passé de mercenaire sans scrupules et sa récente conversion à un pacifisme dévot destiné à racheter son âme, on aimerait parfois un peu plus de subtilité dans l'expression de ses doutes métaphysiques, mais son jeu reste très correct pour une série B. On a connu bien pire, pour des films plus ambitieux.

Encore un point qui ne trompe pas, les seconds rôles sont traités là encore avec le sérieux qui caractérise l'ensemble de la production. Pas de fausse note.
Rachel Hurd-Wood (vue dans "Le parfum") ne démérite aucunement dans son rôle de (très belle) potiche, se permettant même de surpasser son "sauveur" par son jeu nettement plus expressif.

En conclusion, il n'y a pas grand chose à reprocher à ce film qui assume pleinement son statut de téléfilm à gros budget, traité avec un respect assez rare qui emporte l'adhésion. En ne cherchant pas à tout prix le public adolescent, il évite l'écueil de la mièvrerie et peut donc contenter un public amateur de films "bruts", post-adolescents en mal d'actionner sérieux. Pour autant il ne faut pas s'attendre à grand chose de plus...

Jiheffe


PS : Les amateurs se tourneront avec plaisir vers le volume des éditions Bragelonne qui propose l'intégrale des textes de Robert E. Howard dans une nouvelle traduction de qualité.

www.solomonkane.fr/
www.bragelonne.fr/

Partager cet article

Repost 0

commentaires