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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 18:24
FELL T1 : SNOWTOWN - ELLIS, TEMPLESMITH
On a tous quelque chose à cacher. Lorsque l'inspecteur Richard Fell est transféré de l'autre côté du pont qui sépare la capitale du quartier de Snowtown, il n'imagine pas être confronté immédiatement au torrent d'immondices que lui réservent les habitants de ce véritable purgatoire sur Terre. Justicier par conviction, flic par désespoir, Fell est lui aussi hanté par un lourd secret.


Fell est une série (1) américaine indépendante qui a connu rapidement un bon succès d'estime.
Le challenge de Warren Ellis était clair : écrire de petites histoires complètes qui tiennent la route en une vingtaine de pages. Une réponse à certaines critiques sur les séries grand public (comprendre : super-héros) et leurs scénarii exagérément étirés (un reproche valable également en BD franco-belge d'ailleurs). Un détail important pour comprendre et apprécier la structure de ces minis récits, inspirés en partie de faits divers (comme souligné dans les postface VO de l'auteur, hélas non reproduites ici), traités en un temps très court.

Ellis, scénariste souvent génial, réussit parfaitement son pari. Les personnages et situations sont caractérisés en quelques mots, quelques cases, les raccourcis nécessaires ne nuisent aucunement à la clarté et à la fluidité du récit. Ils contribuent même à l'ambiance assez mystérieuse qui entoure cette ville et ses habitants. Mystères agrémentés de petits détails intriguants, comme cette "none" qui apparait régulièrement à l'inspecteur Fell et dont on ne saura rien...
Et si les histoires abordés sont évidemment très sombres, la lecture n'est en rien éprouvante pour autant, tel n'est pas le propos. Léger humour noir, sauvetage du héros par une histoire sentimentale qui traverse les épisodes, on reste dans du polar noir mais pas complètement désespéré.
Superbe.

Ellis sait également s'entourer d'illustrateurs qui servent son propos (comme sur Desolation Jones). Celle fois encore, le dessin démultiplie la force du récit. Le graphisme de Templesmith aux ambiances très brutes, souligne la noirceur du propos par ses monochromes gris/brun, parfois bleus. Une colorisation peu habituelle, rugueuse, loin des standards photoshop auxquels on est habitué... L'ensemble peut rebuter, mais il faut passer outre : les doutes sont vite balayés, et l'on se surprend à en redemander encore, une fois le livre refermé.
Une série (1) de grande qualité !

Jiheffe

(1) A noter que la "série" est pour l'instant en stand-by, et que ce volume contient donc l'intégralité des histoires actuellement publiées. Une "saison 2" est prévue, mais repoussée par l'auteur suite à une perte de ses données.






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