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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 00:00



Introduction
Ambiance médiévale ce soir dans la célèbre salle parisienne plus connue pour ses chaudes soirées électro. La chaleur printanière est enfin là, les parisiens se font bronzer sur les quais, bref, l'air est à la fête !

L'entrée se fait à peu près à l'heure. Heureuse surprise, les tracts ne mentaient pas : la paille est bien au rendez-vous, étalée consciencieusement par terre. Le détail qui tue pour amateurs d'ambiances médiévales. Car on ne s'y trompe pas, entre les tenues du public et les échoppes proposant moult articles en cuir et autres tenues moyenâgeuses, c'est bien à un voyage dans le passé que nous sommes conviés ce soir. Un passé malgré tout teinté de modernisme, comme nous le verrons plus loin.

Dans un coin, le magicien Fred Ericksen propose quelques tours de close-up dans le ton de la soirée. Balles et cerceaux apparaissent et disparaissent juste sous nos yeux, ambiance garantie ! Toujours impressionnant, ce genre de prestations, et nettement plus intéressantes que les show gigantesques à la Copperfield.

Le concert n'est pas commencé que les danseurs chauffent déjà la piste, aidés par la musique de fond qui aligne les standards du folk.

La Carité de Guingamor (musique médiévale et renaissance à danser)
C'est donc un groupe parisien qui est chargé de chauffer la salle. Alignant deux percussions, une cornemuse et un sonneur de hautbois traditionnels (bombardes et autres formes dérivées), une violoniste et un luth, la Carité de Guingamor semble connue et appréciée du public, tout au moins ceux venus en costumes "d'époque". Les danses se succèdent sans pauses, enchaînant bransles d'Ecosse, de Bourgogne, des lavandières, de l'est et quelques standards du folk (on reconnaît au passage quelques mélodies bretonnes).
Le groupe -superbement costumé- propose un set bien rodé, animé de multiples changements d'instruments (cromorne, chalémie, cymbalum, djembé, etc), bien qu'assez statique. Le sonneur de hautbois tire régulièrement de nouveaux instruments de son grand sac en bandoulière. Amusant !

La formation folk dégage déjà une belle énergie, emmenée par une section rythmique qui assure bien. Les structures sont un poil trop linéaires, dommage pour une formation qui aligne autant de possibilité mélodique. Mais ne gâchons pas notre plaisir, l'ensemble sonne bien.
C'était sans compter sans les ressources d'un groupe surprenant : à peine se dit-on que tout ça se répète un peu que débarquent un guitariste électrique et un bassiste. La joueuse de Luth abandonne elle-aussi son instrument pour une deuxième guitare. L'un des percus se met à la batterie : on monte de plusieurs degrés dans l'énergie. Du folk-rock qui dégage bien. Le public ne s'y trompe d'ailleurs pas, l'ambiance se réchauffant encore entre fosse qui se remplit et danseurs qui s'en donnent à coeur joie !
Surprenant encore ce cantique chanté, même si des problèmes de sono gâchent un peu la voix.
10h30, le show se termine après un dernier rappel en formation acoustique. Superbe concert, qui place la barre assez haut !

Entracte assez long pour permettre l'installation de l'impressionnant matériel de Corvus Corax. L'occasion de déguster au bar un verre d'Hypocras ou d'Hydromel. Le genre de petit détail qui achève de poser une bonne ambiance : les organisateurs ont vraiment pensé à tout !
En fond sonore, toujours une petite compile de folk, avec variantes orientalisantes permettant à certaines danseuses d'improviser quelques danses du ventre bien sympathiques !

Corvus Corax (Musique néo-médiévale)
11h10, le deuxième concert n'est toujours pas commencé. Pas très sympa pour les banlieusards qui viennent en transport en commun, monsieur l'organisateur...

11h15, les allemands arrivent enfin sur scène, applaudis et criés comme il se doit. Entrée impressionnante, avec rythmiques sauvages sur les trois énormes tambours japonais (?) qui ornent le fond de la scène. Les 5 cornemuses au son très doux -malgré leur grande taille- font pâle figure en comparaison. Le groupe aligne un look de barbares qui participe grandement à une prestation au jeu de scène parfaitement maîtrisé.

Les morceaux sont assez variés, avec solos de rigueurs, que ce soient les cornemuses ou les percus. D'autres instruments font des apparitions furtives : bombardes (?), cistres, psaltérions géant. D'ailleurs, tout semble géant chez Corvus Corax. Géante également, la déception : les instruments mélodiques sont très mal sonorisés, on ne les entend que très peu, donnant à l'ensemble de la prestation une pulsation essentiellement rythmique, certes bien sauvage, mais également un peu monotone.
Sur scène, les show-mens sautent et dansent, assurant un show sans faille. Avec une énergie débordante, les morceaux s'enchaînent rythmés par des percussions toujours aussi omniprésentes et envahissantes. On perd au passage toutes les finesses que l'on trouve sur disque. On se croirait à un concert de metal acoustique, bien bourrin !
Le public ne semble pas gêné, conquit d'avance et encore plus nombreux que pour la première partie (impossible d'approcher la scène pour des photos correctes avec mon petit APN). Et lorsque le groupe les sollicite en allemand ou dans un français hésitant, c'est avec énormément de chaleur que les parisiens répondent. Qui a dit que les gens d'ici étaient froids ? La bonne ambiance est partagée par un groupe qui semble également se faire plaisir sur scène.

Minuit et quart, Le groupe n'a pas terminé, et c'est avec regret qu'il faut quitter la salle : il est temps de sortir afin d'attraper les derniers métros.
C'est là qu'on regrette d'habiter en banlieue. Et qu'on regrette que les organisateurs ne pensent pas à nous : peut-être ont-ils suffisamment de public avec les parisiens intra-muros, en fait...

Nuit médiévale (Musique médiévale à danser)
Le programme annonçait musique et danses jusqu'à 6h du matin. J'avoue avec grande honte ne pas avoir pu tenir jusque là...

Conclusion
Une belle soirée, parfaitement préparée et gérée jusque dans les moindre détails. Dommage que la sono des allemands de Corvus Corax ait été si mauvaise, c'est le seul (petit) point qui ternit une soirée qu'on espère voir se renouveller tous les ans, comme le promettaient les organisateurs !

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