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31 décembre 2006 7 31 /12 /décembre /2006 00:00


Introduction
L'heure matinale (15h, au saut du lit !) et le temps maussade n'ont pas découragé les amateurs, massé en nombre devant la loco. Il faut dire que l'affiche de ce deuxième Pagan Fest organisé par Les acteurs de l'ombre était plutôt alléchante. Et les dieux celtes l'ont honoré d'un ciel gris et d'une pluie fine, qu'en Bretagne on appellerait «brouillard», un temps finalement idéal pour célébrer cette musique dite païenne.
Il y aura hélas des déçus, tout le monde ne pouvant rentrer faute de place.

Nemeton (Black celtique)
C'est dans une « petite loco » bien pleine, et quasiment à l'heure, que commence le festival. Entrée en scène- je devrais dire en salle- spectaculaire de Nemeton : torses nus, affublés de peintures de guerre celtiques (on me souffle que ça pourrait aussi faire « Picte »), défilé au son d'une cornemuse et d'une caisse claire de pipe-band, des drapeaux. Belle mise en scène, fort à propos.
Le set des bretons du Trégor est hélas moins convaincant. La présence d'une seule guitare permet d'apprécier les solos (parfois noyés pour les autres formations) en gardant un son assez massif, mais l'ensemble n'est pas toujours très carré. Le groupe y met pourtant de la volonté, et on sent l'envie de bien faire. La cornemuse revient, le temps d'un intermède acoustique. Jouée par le guitariste, elle ne peut se permettre d'être incluse dans les compositions du groupe. Et c'est fort dommage : un sonneur de cornemuse est finalement assez rare, et le groupe gagnerait beaucoup à ajouter une deuxième guitare pour pouvoir intégrer cet instrument dans ses morceaux !
Un groupe qui demande donc à mûrir, mais dont l'énergie est suffisamment communicative pour espérer des progrès rapides. Bravo quand même au programmateur de donner sa chance à des outsiders sur une telle scène, leur permettant de se forger le caractère.

Heol Telwen (Black Folk)
On reste dans l'ambiance Breizh avec les Parisiens d'Heol Telwen, et leur Pagan massif accompagné de flûte et de quelques passages de bombarde. Les compos sont maîtrisées et désormais bien rodées. La seule innovation sera la présence d'une guitare folk 12 cordes, ajoutant quelques grammes de finesse dans un monde de brute. Le seul défaut de la prestation sera le son des instruments acoustiques, trop faibles la plupart du temps, ne permettant pas de profiter au mieux des arrangements folk du groupe. Vu le statut montant d'Heol, ils devraient se doter d'une ingé son à eux qui les suivent et mette cet aspect là en valeur. Ils le méritent vraiment car ils sont de qualité.

Wargasm (Black/Death Epic)
On range le celte un moment, pour le show du tout aussi parisien Wargasm, qui offre un Black Metal plus standard, où le paganisme s'inscrit dans les textes plus que la musique. Les connaisseurs soulignent la ressemblance de plus en plus poussée du groupe avec Dissection, encore appuyée par une reprise de ces derniers.
La salle se vide un peu, regrettant la programmation d'un groupe non-folk. Pourtant, il s'agit bien d'un « Pagan Fest » et non d'un « Folk Metal Fest » ! La prestation est pourtant convaincante, nonobstant l'absence de flûte ou autre instrument acoustique.

Aes Dana (Black Folk)
Avec l'arrivée des précurseurs de la scène Pagan/Celtique parisienne, la salle se remplit encore. Rapidement, le devant de la salle se transforme en gigantesque pogo qui ne s'arrêtera qu'à la fin du set. La musique est plus brute que leurs confrères d'Heol Telwen, menée par une section rythmique énorme, un rouleau compresseur qui entraîne tout sur son passage. Efficacité redoutable. Le bel effort du nouveau flûtiste, engagé depuis un mois seulement, est un peu noyé dans l'énergie déployée par le reste du groupe. Vivement qu'il intègre la bombarde à son jeu !

Eluveitie (Folk Metal)
Mise en place plus longue pour Eluveitie, justifiée par les 8 musiciens présents sur scène, dont pas moins de trois instruments acoustiques (violon, flûte, vielle à roue). Eh oui, vu la taille de la scène, ils ont du laisser un violon et l'accordéon à la maison.
La salle se remplit encore, si c'est possible. Très bon son pour les Suisses, avec un bon équilibre entre la section Metal et les instruments acoustiques, à l'image des compositions qui réussissent à mélanger les deux aspects de manière extrêmement convaincante, à part égal, sans que l'un paraisse plaqué sur l'autre. Alternant des passages Metal à des arrangements acoustiques, pour reprendre ensuite plus furieusement, l'intérêt des morceaux est sans cesse renouvelé, ne laissant aucun répits au public.
Ambiance très chaude dans la salle, relayée sur scène par des musiciens survoltés malgré le peu de place dont ils disposaient (comment peut-on jouer de la flûte traversière en bougeant comme ça ??). Eluveitie a réussit à s'imposer assez rapidement comme un groupe majeur de la scène Folk Metal, et ce concert unanimement apprécié ne fait que confirmer ses qualités grandissantes !
Un concert qui justifiait à lui seul le déplacement.

Negura Bunget (Black Metal Atmosphérique)
Nouveau changement de style avec le Black Metal mystique des roumains de Negura Bunget. Entremêlant des passages planant, au synthé et instruments acoustiques (Aaaah, la flûte de Pan dans le Black Metal !) avec des parties purement black, le paganisme est là aussi plus une question de textes et d'état d'esprit. Qu'importe, ces excellents musiciens distillent une musique à la fois belle et énergique, surprenante, qui ne retranscrit hélas qu'imparfaitement l'ambiance mystique du dernier album. L'ensemble reste suffisamment subtile et varié pour tenir ses promesses. Les amateurs n'ont pas été déçus !

Conclusion
Une salle comble, une ambiance très chaude, une programmation riche et variée osant prendre le risque du mélange de style apparemment incompatibles, mais permettant d'aborder plusieurs facettes de l'univers Pagan, ce deuxième Pagan Fest parisien fut une belle réussite.
Une fête légèrement gâchée par la déception de n'avoir pu faire entrer tout le monde. Dommage que la ville n'ait pas de salle de taille moyenne accessible aux productions indépendantes (et on se prétend capitale culturelle ?).
Il ne reste qu'à espérer une prochaine édition tout aussi éclectique et de qualité, sur deux jours peut-être pour satisfaire un public de plus en plus acquis au Pagan et au Folk Metal ...

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