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1 décembre 2006 5 01 /12 /décembre /2006 09:29


Style : Symphonic Progressif Metal.

Il est des projets musicaux dont on se demande bien à quel public ils sont destinés. Qu’il y ait des cerveaux géniaux ou malades pour les concevoir, c’est une excellente chose, signe d’un dynamisme créatif toujours appréciable en ces temps « post-moderne » où l’on prétend ne plus rien inventer.
Mais de là à trouver des éditeurs pour proposer ces délires au public, c’est autre chose…
Soyons positifs, c’est finalement réconfortant de voir des producteurs capables de croire au succès de projets complètement hors normes.

C’est avec une légère ironie qu’on m’a présenté ce disque de Dol Ammad à la dernière réunion de rédaction : Tiens, voici un « aquatic space opera metal » ; sourires en coin.
En guise de bio du groupe, une affiche au kitsch difficilement égalable, qui ferait passer les pochettes d’Abba pour de l’art conceptuel post-industriel. Non, franchement, comment proposer ça sans honte ?

Première écoute, dubitative. On le serait à moins.
On comprend très vite le coté « aquatic » : des sons de synthé qui font vraiment… liquide.
Surlignés abondamment de bruitages d’eau et de dauphins.
Beaucoup de synthé, donc.
Enormément de synthé.
Qui dégoulinent de partout.
On se noie rapidement, pour rester dans le thème…

Ah, et puis beaucoup de chœurs, aussi. L’affiche le soulignait fortement, le groupe comprend un ensemble vocal de 14 personnes. Et il n’est pas là pour la photo, il est bien présent tout le temps, mis en avant. Beaucoup. En fait, il n’y a pas de chanteur solo, en dehors d’une prestation de DC Cooper (Silent Force) sur “Aquatic Majesty”.

Space opéra ou illustration d’un film de SF, il n’y a pas de doute, tous les éléments sont là.
Le rapprochement est facile, voire trivial, mais cette musique fait effectivement penser à la scène des Gungans dans « La menace fantôme ». On a connu mieux, comme référence.
Mais à la réflexion, le but est atteint : l’auteur réussit à nous entraîner exactement où il le souhaitait. Du coup, l’attention est interpelée : il y a sûrement du talent derrière tout ça ou quelque chose qui y ressemble.

Le plus notable ensuite, c’est l’omniprésence des rythmiques électroniques. Ca rajoute au coté « science fiction » (on est loin du metal électro à la Samael).
Mais si les boucles sont présentes tout au long de l’album, la rythmique est également assurée par une batterie. Qui, hélas, sonne terriblement artificielle. Pourquoi créditer un batteur pour lui donner un son synthétique et des rythmes si peu humains, atténuant ainsi son intérêt ?

Subjugué par ces choix artistiques peu commun, on oublierait le coté « metal » de la chose. Pourtant il est là. Dans les blasts de batterie, évidemment, mais également dans ce que l’on discerne de la guitare. Oh, rien de bien extrême : l’ensemble se réclame clairement du power/speed, avec des riffs assez simples. Et même si la guitare est mixée nettement en arrière (l’album est clairement une œuvre de claviériste), elle apporte paradoxalement un petit coté « organique » bienvenu sous le déferlement de sonorités synthétiques.

Après plusieurs écoutes, l’impression n’est finalement pas si désagréable. Une fois la surprise passée, la ligne directrice commence à apparaître : si cette « œuvre » devait se rapprocher de quelque chose de connu, le plus approprié serait Rhapsody. Pas le Rhapsody des débuts, concis et efficace. Plutôt celui des derniers temps -depuis SOEL 2-, submergés par les arrangements néo-classiques, emphatiques au point d’en devenir pompeux. Pas désagréable si on aime les arrangements grandiloquents.
Dol Ammad, le deuxième groupe de « Hollywood metal » ? Pourquoi pas en effet, puisqu’ils partagent le même batteur que Rhapsody, et que leur style se veut ouvertement illustratif de saga à grand spectacle. (Il y a d’ailleurs quelques ressemblance avec le deuxième album de Luca Turilli, qui mélait aussi power metal et rythmique électro dans une ambiance science-fiction).

Profondément original ou horriblement kitsch, intéressant ou risible, cet album ne laissera pas indifférent. Et pourrait même trouver son public, puisqu’il réussit à être convaincant en assumant complètement, sans compromis, ses choix artistiques étonnants.

 


Note Générale: 8 / 10
Production : 6 / 6 - Cover : 1 / 6 - Composition : 5 / 6


Site officiel du groupe
Page Myspace du groupe
Article sur wikipedia (en)

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